EN AVOIR OU PAS

17 novembre 2015

THE CRYSTAL SHIP

Classé sous Non classé — enavoiroupas @ 12 h 43 min

Le navire perçait l’écume, battant dans un bruit assourdissant le plat de l’océan. Plat mais mortel, plat mais invincible. Le fier mât, fragile comme une allumette, œillait les moindres dangers. Quelques algues désespérées venaient s’accrocher à la coque. Les alizés du sud, inarrêtables, balayaient mon visage recouvert de poussière de sel. Elles étaient chaudes et ça me réconfortait. La grande étoile de feu brillait de mille astres, étendait sa lumière dans chaque bouche d’ombre. C’était une magnifique journée. Ma ligne tremblait de plus belle et brûlait mes mains endolories. Quelques goélands s’invitaient dans un repas dominical, transperçant le temps par le battement de leur aile et leur cri strident. Puis, en fin de journée, la vie reprenait sa place, immuable et intransigeante, s’éclipsant dans son dernier bain de couleur vive, comme un appel de détresse avant de s’engouffrer dans les ténèbres. Effectivement, la vie reprenait son souffle sous mes pieds, ou mille créatures, en quête de survie, obéissaient à leur propre évolution ; condamnées sans cesse à fuir. Où étais-tu quand je vivais dans la folie des hommes ? Où étais-tu ? Mon cœur battait au rythme saccadé du bateau et, dans celui-ci, je compris que j’aimais intensément la route autant que je ne supportais pas le sens qu’elle prenait.

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