EN AVOIR OU PAS

12 janvier 2015

LE BAISER

Classé sous Non classé — enavoiroupas @ 16 h 11 min

- Un double whisky glace.

Et puis ça gueule bien trop dans se bar, on se croit au Fillmore sur un concert des Allman Brothers. Je bois mon whisky lentement. Y a quelques nanas qui dansent, T.rex en fond sonore, sur la ridicule piste abîmée de leurs maudits talons. Elles se déhanchent un peu partout, bousculant tout sur leur passage. Moi ça me branche pas trop de danser avec des furies, même un coup dans le nez. Alors je reste planter là devant le bar, sur mon tabouret, et j’entretiens des conversations pas très catholiques avec mes voisins de tablée. Les filles, elles, continuent à danser comme des démons pendant des heures. Derrière un nappage de fumée, y en a une qui me fait des yeux doux. Elle ricane, boit, sourit et me regarde. Moi ça me plaît, je me dis que dans un contexte tout à fait honnête,  je serais bien capable de ne pas rentrer seul ce soir. Elle a de sacrée yeux la petite et elle sait en faire bonne usage. Quand à moi, je me montre pas intéressé et je continue à siroter bien tranquillement mon énième verre. Puis elle avance vers moi dans une chouette démarche, bon Dieu qu’elle est jolie, et me demande :

- Tu m’offres un verre ?
- Je sais pas, j’y gagne quoi ? Un beau sourire ?
- Tu y gagnes un baiser.
- Même pas vrai ?
- Allons, tu me l’offre ce verre ?

Merde, j’appelle le barman.

- Oui, Monsieur ?
- Un gin tonic et la même pour moi.
- Très bien Monsieur.

J’ai jamais été adepte de payer pour avoir une récompense ; je préfère utiliser ma matière grise mais elle a quelque chose cette minette. Alors on discute de la musique, de ses envies et ses passions. Je trouve ça bien emmerdant mais que voulez-vous, ai-je le choix ? Par le minimum d’intérêt qu’il me reste, je lui pose une dernière question sur sa fin de soirée. La petite me dit qu’elle doit rentrer chez son copain, elle en a pas envie car c’est pas un chic type et qu’il a prit de mauvaises habitudes, voyez-vous. En bon samaritain, je finis mon verre et l’accompagne chez son copain. On embarque dans ma Pontiac et après quelques calmes minutes, on arrive chez le type.

Elle sonne à la porte toute tremblante et commence à parler avec le type qui l’ouvre. La discussion monte en crescendo, et il finit par lui donner une gifle pas très commode.

- Traînée, voilà ce que t’es, une pauvre traînée qui va boire et danser dans un bar. D’ailleurs c’est qui ce connard avec toi ?
- Arrêtes Jack ! Il m’a juste raccompagner.
- Ah ouais ? Ben il va vite comprendre qu’il aurait pas du le con.

Le type rentre dans sa maison et ressort en triple, équipés de battes de base-ball. Trois contre un avec des battes, gifler sa copine sans scrupule parce qu’on ne sait pas tenir la bouteille, moi je vous dis, il manque pas de couilles celui-là. Sans attendre, le premier se rue sur moi dans un élan grotesque. Je lui envoie mon gauche dans ses côtes, le récupère par sa crinière juvénile et le balance dans le portail en bois qui s’écroule sous son poids. Ça fait un sacré raffut. Le deuxième pousse un cri pour donner un peu d’héroïsme dans son acte. Sans succès. Il essaie de me frapper avec sa batte, en vain, sa colère l’emporte sur sa raison et je décide de lui coller une bonne gifle paternelle. Les larmes aux yeux, le type se dégage et s’en va loin. Quand au troisième, le héros, ayant disparu de ma vue, j’ai juste le temps d’entendre le cri de la petite pour comprendre que se fumier m’attaque dans le dos. J’esquive juste à temps un coup de batte dans le dos, je le chope et lui colle un coup de boule bien méchant pour lui faire imprimer la justice. Il s’écroule dans un râle pitoyable.

- Mon… mon… mon Dieu! Qu’as-tu fais ? me demande la fille.
- J’aime pas trop qu’on me dérange pour rien. Bon alors, ce baiser ?

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